GlobalXplorer : Gamification de l’archéologie de canapé

Un nouvel outil de crowdsourcing gamifié vient de voir le jour. Encore une fois, il s’agit de participer à la recherche scientifique. Plus précisément l’archéologie, dans un but de conservation du patrimoine. Analyse

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Un nouvel outil de crowdsourcing gamifié vient de voir le jour. Encore une fois, il s’agit de participer à la recherche scientifique. Plus précisément l’archéologie, dans un but de conservation du patrimoine. Analyse.

Très franchement, j’en ai marre de voir un paragraphe d’introduction qui parle d’Indiana Jones à CHAQUE FOIS que je lis un article traitant d’archéologie. Du coup, je ne vais pas le faire.

Ok,  je viens un peu de le faire.

Bref. Devenir archéologue depuis son canapé c’est aujourd’hui poss… Non, en fait non, ne croyez pas ce que disent beaucoup d’articles pour vous aguicher : devenir archéologue depuis son canapé, ce n’est pas possible.

En revanche, ce que vous propose le projet GlobalXplorer, c’est de contribuer à la découverte de sites archéologiques grâce à des images satellites. Lancé par le docteur Sarah Parcak et son équipe, cette initiative a pour but de référencer les sites archéologiques en danger, victimes de pillage, afin de “ préserver notre passé, pour notre futur “. À la manière de Foldit, il s’agit d’une plate-forme de crowdsourcing, c’est à dire qui utilise le très grand nombre de joueurs potentiels pour analyser les millions d’images satellites qui cartographient le Pérou – seul pays concerné pour le moment. Une méthode bien plus rapide que si les quelques archéologues d’un laboratoire ou d’une université s’y attelaient.

 

Des fonctionnalités gamifiées efficaces

Et à la manière de Foldit, le tout est présenté dans un joli emballage de gamification.

Concernant les actions de l’utilisateur, il s’agit d’une méthode assez basique : on découvre quelques conseils via un tutoriel, puis le site nous montre une image. Tout ce qu’il faut faire alors, c’est cliquer sur le bouton “ looting “ si l’on repère des traces de pillage, ou sur “ No looting “ s’il n’y en a pas.

La gamification est en revanche très présente sur la page de profil de l’utilisateur.

Tout d’abord, les rangs : vous débutez avec le rang de “ vagabond “, qui évoluera à mesure que vous traiterez des images. Après 500 images étudiées, vous deviendrez ” éclaireur “ puis “ aventurier “ (l’esprit d’Indiana Jones plane encore dans le coin), et ainsi de suite pour atteindre le niveau, un peu pompeux mais qui fait rêver, d’ARCHÉOLOGUE DE L’ESPACE !!!! Au total, il y a 10 rangs qui témoignent de votre progression.

L’évolution au sein de chacun de ces niveaux est illustrée par une barre de progression, votre nombre actuel d’images étudiées et le nombre d’images à étudier pour obtenir le rang supérieur.

La case expédition actuelle, qui concerne le Pérou, indique une date de fin, à laquelle une nouvelle expédition sera proposée au “ joueur “. Cette limite de temps est un mécanisme de gamification (de type “ timer ”) assez efficace pour s’assurer que l’utilisateur complète l’ensemble du parcours le plus vite possible.

On y trouve également des contenus déblocables à mesure de notre progression, tels que des événements live avec l’équipe de GlobalXplorer sur Youtube, Reddit ou Hangout, qui servent ici de récompenses.

Y apparaissent aussi deux autres niveaux de jeu : “ Encroachment “ et “ Discovery “, qui ne sont pas vraiment définis dans la FAQ – et pour lesquels il n’est pas expliqué comment les débloquer – mais qui sont assurément source de mystère et de motivation (en tout cas, personnellement, j’ai hâte de découvrir de quoi il s’agit).

Le dernier point intéressant est le score de consensus. Si vous indiquez des traces de pillage sur une image alors que le reste de la communauté n’en voit pas, ce score baisse. À l’inverse il augmente si vos indications concordent avec celles des autres utilisateurs. À terme, et sur un grand nombre d’occurrences, la “ masse “ aura toujours raison. Problème : une fois que l’on voit se score, on pense moins à “ est-ce que je vois ou non des traces de pillage ? “ qu’à “ est-ce que le reste de la communauté va en voir ou non ? “ Ce qui a pu durant 3 ou 4 photos biaiser mon jugement.

Analyse

Ce dernier point mis à part, il s’agit d’un outil simple d’utilisation avec des fonctionnalités gamifiées efficaces. Elles ont du sens pour tous types de joueurs et agissent sur tous les types de motivations.

Le site appuie sur les leviers développé dans le framework Octalysis :

  • Il propose des récompenses et des niveaux (Ownership, Accomplishment).
  • L’utilisateur suit un but qui sert l’humanité entière (Epic Meaning).
  • GlobalXporer fait naître en nous une envie de percer certains mystères (Unpredictability).
  • Il nous permet de nous améliorer, nous pousse à avoir un oeil de plus en plus aiguisé (Empowerment).
  • Les expéditions durent un temps limité (Scarcity).
  • Le score de consensus peut diminuer (Avoidance).
  • Ce score nous place également par rapport au reste de la communauté des archéologues de canapé. (Social Pressure)

 

Une preuve de plus que le crowdsourcing est, dans le domaine des sciences, un outil extrêmement intéressant et potentiellement très puissant. Sans compter l’intérêt quasi-universel que suscite l’archéologie.

 

Et non, je ne ferai pas de conclusion en parlant d’Indiana Jones.

Et merde…

 

 

Image de Une : Simon Burchell – Wikipedia

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