Gamification vs Bore-out : le jeu pour booster la productivité

Nous serions 13 % seulement à être dévoués à notre travail. Un chiffre trop faible et actuellement combattu grâce à des plate-formes d’intranet social. Une bonne idée pour améliorer la communication interne. Mais pour motiver les employés, il est possible d’utiliser ces interfaces pour introduire la gamification dans votre management !

0

Nous serions 13 % seulement à être dévoués à notre travail. Un chiffre trop faible et actuellement combattu grâce à des plate-formes d’intranet social. Une bonne idée pour améliorer la communication interne. Mais pour motiver les employés, il est possible d’utiliser ces interfaces pour introduire la gamification dans votre management !

 

Ne le répétez pas à mon boss, mais là, j’ai Facebook ouvert dans une page de navigation privée. Je pense aux prochaines compétences que mon perso va développer dans Pillars of Eternity. Et j’ai Rires et Chansons dans mes écouteurs.

D’ailleurs, vous la connaissez celle du petit pois dans un ascenseur ?

On y reviendra…

 

Durant l’ère industrielle, nous devions exécuter des tâches de manière productive. Aujourd’hui, on nous demande plutôt d’user de notre créativité pour engendrer l’innovation, suivre l’objectif de notre entreprise et prendre les bonnes décisions, chaque jour.

Le problème est que nous ne sommes que 13 % à être véritablement dévoués à notre travail.*

* (Gallup employee engagement survey, 2012)
happy-at-work-saidaonlineLa joie du dévouement au travail. Les 87 % non-dévoués ne savent pas ce qu’ils ratent.

La clef est d’offrir reconnaissance et retours constructifs à un employé pour le motiver à se démarquer, partager des informations et communiquer de manière rapide et efficace avec ses collègues.

Pour ce faire, la mode aujourd’hui consiste à utiliser des logiciels internes d’entreprises inspirés des réseaux sociaux.

 

Le logiciel social d’entreprise

D’après Andrew McAfee, co-directeur du MIT Initiative on the Digital Economy les logiciels sociaux d’entreprises sont efficaces s’ils regroupent :

  • Un outil de recherche qui permet aux utilisateurs de retrouver du contenu ou d’autres utilisateurs.
  • Des liens pour regrouper des contenus ou utilisateurs similaires.
  • Un outil rédactionnel tel que des blogs ou des wikis.
  • Des tags.
  • Des recommandations d’utilisateurs ou de contenu basé sur votre profil.
  • Permettre aux gens de s’abonner à un utilisateur ou un contenu.

Ces recommandations, qui datent de 2006 – soit deux ans après la sortie de Facebook – ressemble vraiment à un réseau social tout ce qu’il y a de plus classique.

 

Il faut donc ne pas se contenter de ces plates-formes en l’état, mais les utiliser comme support à une communication interne gamifiée en ajoutant, certes, des badges et des classements en fonction des accomplissements de chacun, mais il est possible d’aller un peu plus loin.

Un tutoriel pourra expliquer le fonctionnement de votre entreprise, les buts, et progrès attendus… Et faire gagner ses premiers points d’expérience aux utilisateurs.

Un contenu spécifique uniquement accessible après une série d’étapes de type “ chasse au trésor “ motivera les plus curieux Explorers parmi vos employés.

Des mini-missions aléatoires joueront sur leur motivation intrinsèque et la curiosité.

Un système de “ likes “ sur chaque publication renforcera l’aspect social et les feedbacks, comme le propose par exemple Igloo.

Le design sera un paramètre important à prendre en compte. Si Office 365 est reconnu comme étant une plate-forme efficace, son aspect est aussi fun qu’une soirée Champomy entre comptables.

 

Étude de cas : Gamifier une réunion

Pour les moins de 10 ans, on connaît la technique du bâton de parole. On n’a le droit de s’exprimer que si on l’a en main. Et on se le passe.

Dans une réunion d’entreprise, si l’on ne fait pas attention au temps et à l’ordre de parole, on peut se retrouver à attendre une heure, parler cinq minutes et ne finalement pas retenir grand chose.

Dans la boîte de Janaki Kumar, vice-présidente du Design and Co-Innovation Center à Palo Alto, plutôt que de se passer un bâton, on se lance une peluche Angry Bird. C’est mignon et rigolo, mais franchement pas très gamifié.

À la limite (mais ça rendrait les réunions un peu bordéliques), on peut imaginer quelques trucs fun :

  • Chacun a un petit château de gobelets en plastique. On lance la peluche vers un collègue et on n’a le droit de parler que si l’on fait tomber au moins la moitié des gobelets. Une fois notre speech terminé, c’est le tour du collègue en question d’effectuer son lancer vers un autre et voir s’il a le droit de parler. (Important : les gobelets de café brûlant sont déconseillés.)
  • On a le droit de couper la parole du lanceur en s’emparant de la peluche en plein vol.

Brent_Grimes-Hamburg_Sea_DevilsPensez à retirer les agrafeuses de la table de réunion. (Casque et épaulettes optionnelles. À ne pas tentez chez la femme enceinte.)

  • Il est possible de viser le nez à la place du château. En cas de réussite, la personne visée va chercher sa tournée de cafés pour les autres.

 

Bon, il y a sûrement moyen d’optimiser le système pour s’assurer d’une réunion calme et productive. Notamment en n’appliquant AUCUNE des règles évoquée ci-dessus.

 

D’expérience, la technique du timer marche bien. On projette sur un écran l’image d’un bâton de dynamite qui explose une fois la mèche consumée.

Nous voulions des réunions hebdomadaires d’information de 10 minutes maximum. Chacun avait donc 1 minute et 30 secondes pour dire ce qu’il avait fait, avait à faire ou attendait de ses collègues.

Avant le timer, chaque réunion durait 15 à 30 minutes. Avec le timer, toutes nos réunions ont terminé à temps.

De plus, cette méthode a révélé deux avantages certains :

  • Le temps réduit nous oblige a être prêts dès que notre tour venait. Pas ou peu d’hésitation, pas de blabla inutile. Et pas le temps pour les autres de s’endormir ou d’oublier le début de votre phrase.
  • Une bonne petite rigolade mêlée à une gentille moquerie lorsque s’est produite la première explosion.

BOOMÉvidemment, si vous pouvez vous permettre d’engager un Denzel Washington pour faire office de timer, ne vous privez pas.

 

Et pour ceux qui seraient motivés par les récompenses externes, soyez sympa et ouvrez une boîte de chocolat si le temps global est respecté.

 

Inciter à la créativité dans les brainstormings

Pour les réunions dans lesquelles des décisions doivent être prises, il faut savoir pousser vos employés à être créatifs, mais également efficaces pour éviter l’effet : “ Ouais, super ! Y’a eu plein de bonnes idées ! Bon… On fait quoi du coup maintenant ?

Ainsi, un simple système de points donnés en temps réels pour une bonne idée serait à la fois une base de motivation, offrirait un feedback immédiat, la reconnaissance des pairs et inciterait les plus timides ou les moins gradés à s’impliquer.

Option COMBO exponentiel : Pour chaque personne rebondissant sur cette idée afin de l’améliorer ou en proposer une application, augmentez les points.

Et la personne volontaire pour prendre les notes et envoyer un mail récapitulatif, hop, 10 points directs !

Et puisque les points sans rien sont inutiles, au bout de 10, c’est un café offert par la boîte. Au bout de 20, un dessert gratos à la cantoche. Et au bout de 1 000, une petite augmentation ?

Business teamwork for success in an office - focus is on the first set of hands on the left

Super José ! Grâce à tes 3 points plus les 7 de la semaine dernière, tu passes devant Henri-Louis. Tu remportes donc son marqueur fluo vert. Tu le mérites !

 

Sinon, pour en revenir à la blague du début :

Qu’est-ce qui est vert, qui monte et qui descend ?

Un petit pois dans un… Arf. Non mais j’raconte mal.

 

Par Adrien Bacchi et Rémi Canali

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here