On joue là, c’est sérieux !

Sauver la princesse, éliminer le grand méchant, explorer toute la carte, etc. Tout ça, c'était avant. Avec l’apparition du concept de gamification, on peut se servir du jeu pour plein d’autres choses. Notamment à des fins “sérieuses” comme le font les bien nommés “ serious games “.

4

Sauver la princesse, éliminer le grand méchant, explorer toute la carte, etc. Tout ça, c’était avant. Avec l’apparition du concept de gamification, on peut se servir du jeu pour plein d’autres choses. Notamment à des fins “sérieuses” comme le font les bien nommés “ serious games “.

Le but fantasmé (mais pas inaccessible) de la gamification est de rendre toute expérience ludique. Mais s’amuser dans les serious games n’est pas une finalité, simplement un outil pour arriver à d’autres fins : apprendre, faire passer un message ou faire évoluer la recherche scientifique par exemple.

Nous n’allons pas ici retracer l’histoire des  » jeux sérieux  » depuis les humanistes du XVe siècle qui parlaient déjà de  » Serio Ludere « . Nous nous contenterons donc d’une généralité hautement poétique : Les serious games ont fleuri ces dernières années tel le champ de marguerites à l’aube du printemps.


Spring-is-Coming

En voici quelques exemples :

Le jeu éducatif

Utiliser le jeu dans le système éducatif est tout sauf nouveau et s’y trouve particulièrement bien adapté : récompenser l’élève d’un bon point ou d’une connaissance, évaluer son évolution, lui donner un feedback via des notes, etc.

Ce qui a changé ces dernières années est le développement des interfaces informatiques qui ont permis plusieurs choses :

  • Utilisation d’un avatar
  • Création d’un univers visuel immersif
  • Feedback immédiat sans avoir à attendre le contrôle de maths de jeudi prochain

 

On pense notamment à Adibou, série à succès, fer de lance du genre. Mais les jeux éducatifs prennent aujourd’hui une tournure plus moderne via notamment des applications mobiles et grâce à un gameplay qui donne tout son sens au mot “game”.

 

Le jeu engagé

Utiliser un environnement virtuel autorise une certaine liberté de ton et de sujet. Pour faire passer un message fort, ou controversé, quoi de mieux que le jeu ?

 

Drill baby, drill !
Et niveau sujet controversé, le pétrole se pose là.
Oligarchy est un jeu où vous incarnez le directeur d’une compagnie pétrolière. Si vous avez toujours rêvé de corrompre des politiques, influencer des amendements, détruire la nature en contrant le “ virus vert ” et “ faire d’un truc noir et collant de l’or en barre par tous les moyens possibles ”, vous allez être servis.

Oiligarchy-screen

Si à l’inverse, vous ne portez pas le lobby pétrolier dans votre coeur, alors vous saisirez le second degré de ce jeu dans lequel vous subirez les pressions du marché, vous poussant à écraser tout et tout le monde sous les coups de vos foreuses.

 

La violence engendre la violence
Autre sujet sensible, le terrorisme. September 12th prend place dans une ville du Moyen-Orient peuplée de civils et d’hommes armés.

September 12th

Votre but est évidemment d’éliminer la menace terroriste. Mais vos frappes “chirurgicales” feront forcément des dommages collatéraux. Chaque civil voyant un autre civil mort décidera de prendre les armes. Ben oui, c’est pas faute de répéter que la violence engendre la violence, mais bon. Vous voyez où le jeu veut en venir ?

Le cercle vicieux est engagé. Vous vous rendrez compte très vite qu’il n’y a pas de victoire possible.

 

Le jeu scientifique

Des joueurs de jeu vidéo qui font la Une de la prestigieuse revue scientifique Nature ! Il y a là de quoi rendre jaloux Sheldon Cooper.

Ces joueurs ont participé à Foldit, dont le but est de plier une protéine. Cela peut paraître un peu nul, comme jeu. Voire totalement inutile. Pourtant, les protéines sont à la base du vivant et la forme dans lesquelles elles se plient déterminent leurs fonctions.
Fold it
(Musique d’ambiance avant d’attaquer l’explication.)

Déterminer leur structure tridimensionnelle prend énormément de temps aux chercheurs. Ils ont donc décidé de “ crowd-sourcer ” leur recherche. Il s’agit de faire faire une petite partie du boulot à énormément de gens. Et qui joueront même le dimanche et les jours fériés ! De plus « les gens ont des capacités de raisonnement dans l’espace bien supérieures à celle des ordinateurs », affirme Seth Cooper, de l’université de Washington, membre de l’équipe qui a élaboré le concept. Ainsi, des internautes, qui n’étaient pas formés à la chimie ni à la biologie, ont connu de meilleurs résultats que certains laboratoires traditionnels.

Pour s’assurer que les internautes persévèrent dans cette tâche qui peut paraître difficile et peu attrayante, on retrouve plusieurs mécaniques de gamification :

  • Une interface qui donne au joueur un nombre de points en fonction du pliage le plus efficace.
  • Un classement établi par le nombre de points.
  • La possibilité de s’affronter par équipe via ce classement.

Et ces méthodes ont porté leurs fruits. L’équipe “ Contender “ a déterminé la structure d’une enzyme liée au Sida. En deux semaines, ils ont réussi là où la science échouait depuis 15 ans.

Non, parce que bon, si on pointe du doigt les jeux vidéos à chaque fois que se produit un drame violent, autant le faire aussi lors d’une découverte aussi majeure !

4 COMMENTAIRES

  1. […] Mais il répond que l’on est plus créatifs sous pression. Grâce à l’adrénaline. De plus, peu importe à quel point vous êtes brillant, peu importe du temps que vous consacrer à penser une idée… vous ne résoudrez aucun problème sociétal ou scientifique actuel seul enfermé dans une pièce. Les progrès s’accomplissent en étant financés, testés, améliorés grâce à l’intelligence collective. Comme l’a par exemple montré Fold it. […]

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here